Les essais nucléaires en Polynésie française

   
   
 
   

 

    Essais nucléaires et environnement
     
   
Une explosion nucléaire libère, en un temps très court, un grand nombre de radionucléides aux caractéristiques physico-chimiques différentes. Après un essai, ces radionucléides formaient un mélange initial caractéristique dont l'activité totale diminuait suivant la période radioactive de chaque isotope radioactif. Les radionucléides générés par ces explosions étaient majoritairement caractérisés par une période radioactive courte. Ils disparaissaient donc très rapidement, quelques heures après leur libération dans l'environnement tant atmosphèrique que géologique.
     
    Les essais atmosphériques
   
Lors des essais atmosphériques, les radionucléides caractérisés par les périodes radioactives les plus longues ont été dispersés au cours du temps, au sein des différentes composantes de l'environnement, où plusieurs facteurs naturels ont modifié leur répartition théorique initiale.  
  Lors des quatre essais atmosphériques sur barge, les radionucléides ont principalement été émis dans la troposphère, les eaux de mer et les sédiments du lagon.
  Les essais atmosphériques sous ballon générant des particules plus fines, de taille inférieure à 50 µm. Les radionucléides associés à ces particules ont été injectés dans la stratosphère, limitant ainsi les retombées locales à la surface des eaux de mer et des sols polynésiens.
    Les essais souterrains

   

Circulation des eaux au sein de la cavité-cheminée  créée par une explosion souterraineLes essais souterrains ont conduit au confinement initial de la plus grande partie des radionucléides au sein des cavités-cheminées formées par les explosions. Les transferts à la biosphère via l'atmosphère ont donc été très limités et localisés à l’environnement des sites expérimentaux. Cependant, les radionucléides ayant les périodes radioactives les plus longues, piégés dans les laves, restent une source potentielle d'émission vers la biosphère, en particulier en cas d'une rupture éventuelle du confinement. Ce scénario a fait l'objet de simulations numériques pour vérifier que les éventuelles doses à la population polynésienne restaient inférieures aux limites autorisées.

     
    Mécanismes de transfert des radionucléides

   

La connaissance des composantes physique et biologique et la compréhension du fonctionnement des écosystèmes des atolls polynésiens ont permis d’adapter les améliorations technologiques aux caractéristiques des sites pour progressivement réduire les émissions de radionucléides dans l’environnement polynésien lors des explosions nucléaires.
  Des modèles de recherche explicatifs ont été élaborés pour décrire au mieux les processus naturels intervenant dans les transferts de radionucléides entre l'atmosphère, les sols et les eaux marines, les végétaux et les animaux tant terrestres que marins.
  Des codes opérationnels ont été mis au point afin d’estimer les impacts radioécologiques et dosimétriques des essais réalisés en situation nominale et d'évaluer les conséquences dosimétriques à moyen et court termes de scénarios hypothètiques de rupture de confinement des cavités souterraines.