Les essais nucléaires en Polynésie française

   
   
 
   

 

    Un suivi continu de la situation radiologique des atolls
     
   
Durant toute la période des essais nucléaires dans le Pacifique, l’environnement des atolls de Mururoa et Fangataufa a fait l’objet d’une attention soutenue, de la part du CEA, mais également d’organisations internationales indépendantes. Il s’agit notamment des missions Tazieff (juin 1982), Atkinson (octobre 1983) et Cousteau (juin 1987).
   

 

   

La mission de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA)

   

À la demande de la France, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a conduit de 1996 à 1998, une importante étude sur l’état radiologique et géomécanique des atolls de Mururoa et Fangataufa.

Le comité consultatif, présidé par l’américaine Gael de Planque, était composé de scientifiques appartenant à dix états membres de l’AIEA et d’experts nommés par la Commission européenne, le Forum du Pacifique Sud, le comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets biologiques des rayonnements ionisants et l’Organisation mondiale de la santé. Au total, ce sont 55 scientifiques venant de 18 pays, ainsi que 20 laboratoires d’analyses de 12 pays et celui de l’AIEA qui ont participé à cette expertise.

     
   

Cette étude poursuivait 3 Objectifs :

   

Etablir la situation radiologique actuelle sur les atolls et en évaluer les conséquences sanitaires pour les populations polynésiennes,
  Déterminer le niveau du risque radiologique éventuel pour une population hypothétique qui viendrait vivre à Mururuoa,
  Emettre des recommandations sur la nature, l’ampleur et la durée des activités de surveillance, des mesures correctives et des autres mesures de suivi qui pourraient être nécessaires.

     
   

Déroulement de l’étude :

   

Au cours du mois de juillet 1996, plus de 600 échantillons ont été prélevés : végétation, sable, noix de coco, coraux, sols, aérosols, eaux de lagon, eaux océaniques, sédiments, poissons, crustacés… Au total, plus d’une tonne d’échantillons solides et plus de dix tonnes d’eau ont été collectées, traitées et répartis pour analyse entre les différents laboratoires participant à l’étude.

   

Principales conclusions :

   

Au terme de son étude, l’AIEA a corroboré les nombreuses données et évaluations fournies par la France établissant les conséquences radiologiques très limitées des essais nucléaires réalisés au CEP.

Les citations ci-dessous sont directement extraites du rapport de l’étude :

      « Etant donné les niveaux de radioactivité mesurés et prévus dans l’étude, ainsi que le faible niveau des doses et risques estimés tant actuels que futurs, et compte tenu des recommandations internationales, le CCI a conclu qu’aucune mesure corrective n’est nécessaire sur les atolls pour des raisons de protection radiologique, que ce soit maintenant ou à l’avenir »

    « Il n’y aura aucun effet sur la santé qui puisse être diagnostiqué médicalement chez un individu ou décelé dans un groupe par des études épidémiologiques et qui serait attribuable aux doses de rayonnements estimées qui sont reçues actuellement ou qui seraient reçues à l’avenir par des personnes du fait des matières radioactives résiduelles présentes à Mururoa et Fangataufa. »

      « Une population résidant de manière permanente sur les atolls et se nourrissant de produits de l’agriculture locale et de la pêche dans les lagons ne sera pas, de manière générale, exposée à des doses attribuables à la radioactivité résiduelle dépassant 0,01 mSv par an, soit l’équivalent d’une très petite fraction (moins de la 200ème partie) de la dose totale à laquelle cette population résidente serait inévitablement exposée du fait des sources de rayonnement naturel. »

      « Il n’est pas nécessaire de poursuivre la surveillance de l’environnement de Mururoa et Fangataufa à des fins de protection radiologique »

    Concernant cette dernière conclusion, l’AIEA, prenant acte de la décision des autorités françaises de poursuivre le programme de surveillance de l’environnement sur les deux atolls constate « l’intérêt scientifique qu’il présente » et note que ce programme « pourra également être utile pour convaincre le public de la sûreté radiologique permanente des atolls ».

 

   

FOCUS
      Notions de sievert

 

   

Pour en savoir plus, sur les conclusions de la mission de l'Agence internationale de l'énergie atomique, 
 
consultez le site de l'AIEA,
 
téléchargez le rapport de l'AIEA (format pdf, version anglaise).