Les essais nucléaires en Polynésie française

   
   
 
   

 

   

Évolution de la radioactivité des sites d'expérimentations

     
   
L’activité d’origine artificielle dans l’environnement des deux atolls, provient essentiellement des retombées des quatre essais sur barge effectués en 1966 (Aldébaran, Rigel et Sirius) et 1967 (Arcturus). Les essais atmosphériques réalisés sous ballon jusqu’en 1974, n’ont contribué que très faiblement à la radioactivité de l’environnement de Mururoa et Fangataufa. L'effet des essais souterrains a été très limité dans le temps et localisé à l'environnement proche des têtes de puits.
     
   

Le domaine terrestre

   

Cartographie des dépôts surfaciques  du cesium 137 réalisée par spectrommétrie gamma, par voie aérienne  sur la zone Kilo de Fangataufa en 1999À la fin des essais atmosphériques, deux zones de l’atoll de Mururoa affichaient des activités résiduelles en plutonium, l’une au nord de l’atoll à la suite des essais de sécurité réalisés en zone Colette, l’autre à l'ouest de l’atoll sur la zone Faucon, à la suite de l’essai sous ballon Parthénope de très faible énergie réalisé en 1973. Les sols de Fangataufa gardent la trace des retombées locales de l'essai sur barge Rigel, dont les produits de fission (césium 137) se sont déposés dans le secteur Nord-Est de l'atoll.

   
Evolution de la moyenne annuelle de l'indice Bêta global des aérosols prélevés sur l'atoll de Mururoa.Les mesures réalisées sur des échantilons de végétaux terrestres ont montré que les radionucléides à vie courte disparaissaient très rapidement après chaque série d’essais atmosphériques. L’activité massique de la majorité des radionucléides à vie moyenne a suivi une décroissance régulière à partir des valeurs maximales observées en 1966-1967 pour atteindre actuellement des niveaux difficilement quantifiables.
   
   

En domaine marin

   

Evolution au cours du temps de l'activité massique en cesium 137 des poissons chirurgines et perroquets pêchés entre 1968 et 1999 dans le lagon de Mururoa.L’activité volumique des eaux du lagon a évolué suivant trois périodes successives :
  De 1966 à 1974, les activités volumiques des radionucléides variaient très rapidement au cours du temps, en fonction des essais.
  De 1975 à 1984, période de transition entre les essais atmosphériques et souterrains, les activités volumiques étaient au niveau de traces pour une majorité de radionucléides.
  De 1985 à 1996, la radioactivité d’origine artificielle décelable dans les eaux de mer se limitait à celle associé à la présence du tritium sous forme d’eau tritiée (HTO) et du 90Sr, 137Cs, 238Pu et 239+240Pu.

   
Les sédiments marins ont gardé la mémoire des essais sur barge : Aldébaran et Sirius au droit du point Dindon, Arcturus au droit du point Denise, à Mururoa, et Rigel au droit du point Frégate, à Fangataufa. Il en va de même pour l’activité en 239Pu du banc de sable immergé au droit de la zone Colette, conséquence de l’action des tempêtes tropicales de 1981 qui ont entraîné le plutonium initialement fixé sur les motu du secteur Nord de l’atoll de Mururoa à la suite des essais de sécurité.