Les essais nucléaires en Polynésie française

   
   
 
   

 

    Un suivi continu de la situation radiologique des atolls polynésiens
     
   

Dès 1960, la surveillance radiologique de l'environnement polynésien montre l’impact des retombées atmosphériques des essais américains, russes et anglais, dont certains ont été réalisés dans le Pacifique Sud.
L'influence sur le territoire polynésien des essais réalisés au CEP à partir de 1966 se limite à la période des essais atmosphériques. La radioactivité dans l’environnement baisse de 1966 à 1975, les niveaux redeviennent ensuite inférieurs à ceux du début des années 1950 .

     
   

Les essais Aldébaran, Rigel, Arcturus, Encelade, Phoebé et Centaure ont conduit à des retombées supérieures aux niveaux attendus, détectées dans l'atmosphère des îles de Mangareva, Tureia et Tahiti.

Carte des valeurs relatives des dépôts dus aux retombées de l'essai Centaure

Pour chacun de ces cas, l'évaluation de l'exposition de populations des atolls concernés par des retombées particulières a été réalisée au moment des retombées. Elles ont fait l’objet d’une réactualisation en 2005-2006 pour tenir compte de l'évolution des connaissances, en particulier celles concernant les facteurs de dose.

   

En domaine terrestre

   

L'évolution au cours du temps de l'activité massique des végétaux montre que les niveaux les plus élevés ont été mesurés pendant la période des essais atmosphériques. Les fluctuations observées pour cette période correspondaient aux apports par dépôts directs, secs ou humides, en fonction de l'intensité des retombées. Les 6 essais déjà évoqués ont conduit à des niveaux d'activité massique plus élevés dans les végétaux des atolls concernés pendant une courte période suivant la date des essais.

Evolution de la moyenne décadaire de l'indice nëta global des aérosols prélevés , entre 1962 et 1980, à Papeete.

À partir de 1975, l'évolution pour l’ensemble des archipels s'est inscrite dans une tendance à la baisse qui était fonction des périodes radioactives des radionucléides. Ceux à vie courte ont disparu rapidement. Pour les radionucléides de période plus longue, comme le 137Cs, de période de 30 ans, le sol a joué le rôle d'un réservoir à partir duquel, par transferts racinaires, les radionucléides pouvaient intégrer les végétaux et donc la chaîne alimentaire. Aujourd'hui, les niveaux de ces radionucléides dans les végétaux sont à l’état de traces pour l'ensemble des îles polynésiennes.

     
   

En domaine marin

   

De l'arrêt des essais atmosphériques à nos jours, un gradient décroissant de l'activité volumique entre les eaux de mer sortant par les passes du lagon jusqu’à une dizaine de milles au large des atolls de Mururoa et Fangataufa a été mis en évidence pour les radionucléides caractérisés par des périodes moyennes et longues, notamment le 239+240Pu. En dehors de cette zone, la radioactivité ajoutée par les eaux des lagons des deux atolls n’était pas perceptible dans les eaux océaniques polynésiennes. Les activités massiques les plus élevées concernant les grands poissons pélagiques ont été mesurées dans des poissons pêchés entre 1967 et 1968, à proximité des sites d'expérimentations. Par la suite, l'activité massique a rapidement diminué pour l'ensemble des espèces marines surveillées (holothuries, bénitiers, poissons).

 

   
Pour en savoir plus, sur le suivi effectué par l'IRSN, consultez les rapports de cet institut sur son site Internet.