Les essais nucléaires français au Sahara

   
   
 
   

 

    Les essais en galerie
     
   

Entrée d'une galeri percée dans le Tan AffellaLes 13 essais en galerie ont eu lieu dans le massif granitique du Taourit Tan Afella, dans le Hoggar. Les engins à tester étaient placés au fond d’une galerie horizontale d’environ 1km se terminant en colimaçon afin que celle-ci s’obstrue sous l’effet mécanique de l’explosion. L’entrée de la galerie était fermée par un édifice de béton. Les instruments de mesures étaient disposés dans des salles situées de part et d’autre de la galerie principale.

   
Après l’essai, les laves radioactives étaient prélevées par forage dans la cavité formée par l'explosion. Leur analyse permettait d’obtenir des informations sur le fonctionnement de l’engin.
     
   

La sécurité des essais souterrains :

   
Comme pour les essais atmosphériques, la météorologie était également un élément déterminant de la sécurité des expérimentations. En effet, les prévisions permettaient de s’assurer qu’en cas de confinement partiel des gaz radioactifs, le nuage radioactif s'échappant de la galerie n’affecterait que des zones désertiques lors de sa dipersion.
Après chaque essai, des mesures étaient réalisées dans l’environnement dans un périmètre allant jusqu'à plus de 100 km autour du point zéro du site d’expérimentations.


     
   

Les essais souterrains ayant entrainé des rejets

L’essai Béryl :
Le 1er mai 1962, lors de l'essai Béryl, un défaut de confinement a conduit à libérer des éléments radioactifs associés soit à des laves et des scories, soit à des aérosols sous la forme de produits gazeux. Les laves ont été circonscrites au carreau de la galerie. Suite à un changement d'orientation du vent au sol, les éléments libérés dans l'atmosphère se sont dispersés en direction de l'est du site. La contamination atmosphérique a été observée sur un distance d'environ 150 km, dans une zone où ne résidait aucune population sédentaire. Répartition des résultats de la dosimétrie externe des personnes ayant assisté à l'essai Béryl

Près de 2 000 personnes assistaient à cet essai. Localement, sur le site, une centaine de personnes ont été exposées à une dose supérieure à 50mSv, dont Pierre Messmer et Gaston Palewski, alors respectivement ministres de le Défense et de la Recherche.

Parmi les 12 personnes ayant reçu les doses les plus importantes figuraient 9 militaires qui, fortuitement, ont traversé une partie de la zone interdite. Ils se sont alimentés durant ce lapse de temps, ce qui a engendré une exposition interne de l'ordre de 10 mSv. Ces personnes ont rapidement été prises en charge et décontaminées, puis elles ont été transférée à l'hôpital Percy, à Clamart, où elles ont fait l'objet d'un suivi médical.

À l'époque de l'essai, en situation normale, la limite annuelle d’exposition pour un travailleur de l’industrie nucléaire était de 50mSv et de 5 mSv pour la population. Aujourd’hui, ces seuils ont été abaissés respectivement à 20 et 1 mSv par an.

Rubis, Jade, et Améthyste :
Trois autres essais n’ont pas été totalement confinés. Les essais Rubis et Jade, ont conduit à des rejets caractéristiques de gaz constitués de radionucléides de courtes périodes. Lors de l’expérimentation Améthyste, une faible quantité de scories de roche fondue s’est échappée de la galerie.
Il faut souligner que le défaut partiel de confinement de ces quatre essais souterrains n’a pas eu de conséquences radiologiques significatives sur les populations locales.

     
   

Pour en savoir plus sur les conséquences de ces essais, consultez :


Le
rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) « Les incidences environnementales et sanitaires des essais nucléaires effectués par la France entre 1960 et 1996 et éléments de comparaison avec les autres puissances nucléaires ».