Les essais nucléaires français au Sahara

   
   
 
   

 

    L'état radiologique des sites d'expérimentations
     
   

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a publié en avril 2005 un rapport intitulé : « Radiological conditions at the former French nuclear tests site in Algeria ». Ce rapport s’inscrit dans une série de documents sur la situation radiologique des sites utilisés par les pays dotés d'un armement nucléaire, Etats-Unis, Russie, Royaume-Uni, à l’instar du rapport publié en 1998 sur la situation radiologique de Mururoa et Fangataufa.

   

La mission de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)

   
Une mission de l'AIEA a été menée sur les anciens sites d'essais français en 1999 suite à la demande d’évaluation de la situation radiologique de ces sites formulée par le gouvernement algérien. Cette mission réunissait 5 experts internationaux (Nouvelle-Zélande, États-Unis, Slovénie, France, AIEA) qui étaient assistés d’un groupe de 7 experts du Comena (Commissariat à l’énergie atomique algérien).
Durant 8 jours, l’ensemble des sites a fait l'objet de prélèvements d’échantillons environnementaux et de mesures de débit de doses. Afin de compléter ces données, la France a transmis à l’AIEA un document comprenant les informations relatives à la localisation des expériences, aux techniques associées, à la situation radiologique des sites en 1967.
     
   

Les principales conclusions du rapport de l'AIEA

   

Les principales conclusions de cette mission d’investigation sont les suivantes :

«Selon les schémas classiques généralement pris en compte et les modèles d'exposition utilisés [...] rien n'atteste que dans l'un des sites (excepté peut-être les sites de Gerboise bleue, de Gerboise blanche et du tunnel E2 [ndlr tunnel de l’essai Béryl]) les expositions annuelles puissent dépasser des valeurs référencées dans les directives générales internationales relatives à l'exposition des personnes.»


«La plupart des zones sur les sites d’essais comportent peu de matières radioactives résiduelles à l’exception :
- des points zéro des essais atmosphériques Gerboise blanche et Gerboise bleue sur le site de Reggane
- À Taourit Tan Afella a proximité du tunnel E 2
»
À propos de ce dernier site, l’agence précise : « Un seul lieu (la galerie E2 à Taourit Tan Afella) […] a été protégé des intrusions du public par une clôture de sécurité. Le maintien de cette clôture est préconisé dans l’intérêt du public afin que les expositions soient ramenées à un niveau aussi faible que ce qui est raisonnablement possible.»

«Cette évaluation montre que des actions de remédiation de l’environnement ne sont pas nécessaires pour réduire les doses en dessous des normes de sûreté établies, et l’exposition potentielle peut être contrôlée, comme c’est le cas dans le Taourit Tan Afella. Cependant, les autorités algériennes pourraient décider des mesures de remédiation ou de limitation de l’accès au public, si les conditions économiques changent dans la région et qu’une présence plus permanente des populations y est constatée